Divorce : Quelques erreurs à éviter.
En apparence, les législations applicables
en France et au Portugal en matière de divorce sont très proches l’une de
l’autre. Pourtant, il n’est pas du tout équivalent pour un Portugais résidant
en France d’introduire une procédure de divorce dans l’un ou l’autre pays.
Schématiquement, on peut distinguer deux cas
principaux.
Si l’un des époux n’est pas portugais, le
droit français et le droit portugais s’accordent pour considérer que s’applique
la loi du pays de résidence de la famille. Autrement dit, si c’est le tribunal
portugais qui est saisi, celui-ci doit en principe appliquer la loi française.
Mais l’expérience montre qu’il est toujours difficile pour un juge d’appliquer
une loi étrangère. Il y a donc un risque par la suite, lorsqu’il s’agira de
faire appliquer la décision du tribunal portugais, qu’elle puisse être
contestée par l’un des époux, voire qu’elle ne soit pas reconnue par les
tribunaux français. Il faudra, alors, recommencer la procédure en France.
Si les époux sont tous les deux portugais et
vivent en France, la loi portugaise et la loi française peuvent s’appliquer
l’une comme l’autre. Cependant, il peut y avoir des raisons de préférer une
procédure en France. C’est notamment le cas pour l’époux qui demande une
pension alimentaire pour l’éducation des enfants. Le juge français connaissant
la réalité économique en France, pourra fixer une pension alimentaire
correspondant au coût de la vie dans ce pays. Au contraire, les pensions
alimentaires fixées par les tribunaux portugais sur la base du coût de vie dans
ce pays, une fois converties en francs, paraissent en général dérisoires par
rapport à la fois aux revenus de l’époux débiteur de la pension et au coût de
la vie en France. Il faut savoir en effet qu’il serait impossible de réviser en
France une pension alimentaire fixée au Portugal pour la seule raison que la
décision du tribunal n’aurait pas tenu compte du coût de la vie en France. Les
mêmes remarques valent pour l’attribution d’une prestation compensatoire
généralement fixée en faveur du conjoint dont les revenus sont moins élevés.
Dans la plupart des cas, le jugement devenu
définitif dans l’un des deux pays devra faire l’objet d’une procédure
d’exequatur dans l’autre pays pour y produire tous ces effets (exécution de la
décision, transcription sur les registres d’état civil, liquidation et partage
du patrimoine de la communauté, etc…). Comme la procédure de divorce, la
procédure en exequatur doit être introduite par un avocat. La seule exception
concerne un divorce au Portugal, prononcé entre époux de nationalité portugaise
mariés dans ce même pays, sans enfants et ne possédant pas de biens en France.
Dans tous les autres cas, on ne peut donc éviter une double procédure (de
divorce puis exequatur) forcément plus longue et plus coûteuse.
On peut déplorer que dans l’Union
Européenne, à l’heure de Schengen et de la monnaie unique, le divorce des
Portugais vivant en France soit soumis à deux ordres juridictionnels distincts.
A quand une Convention de Bruxelles qui harmoniserait et simplifierait les
règles relatives à la reconnaissance et à l’exécution des décisions de divorce
en Europe.
Christine MENDES ANTUNES
Avocat à la Cour.