Vous êtes surendetté ? Réagissez!
La loi du 31 décembre 1989 modifiée en 1995
a mis en place un système de protection des particuliers qui se trouvent dans
une situation d’endettement excessif. Ainsi toute personne physique, à l’exclusion
des agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d’entreprises qui bénéficient de
procédures spécifiques, en situation de surendettement peut saisir gratuitement
la commission de surendettement de son département.
La situation de surendettement est définie
par la loi comme l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses
dettes non professionnelles exigibles et à échoir. Ainsi toutes les dettes non
professionnelles sont prises en compte : crédits à la consommation, prêts
personnels, dettes de la vie quotidienne, dettes à l’égard du fisc ou autres,
dettes immobilières.
Pour saisir la commission, le débiteur devra
envoyer une lettre manuscrite indiquant les motifs de l’état de surendettement
et remplir un formulaire auquel sera joint un état sommaire de ses ressources,
de ses dettes et charges ainsi que la liste de tous ses créanciers et cautions.
En 1997 la commission de surendettement a été saisie de 95756 demandes.
Il faut savoir que la saisie de la
commission n’emporte pas la suspension des voies d’exécution. Ainsi le débiteur
doit continuer à payer ses dettes en fonction de ses possibilités et surtout ne
pas contracter de nouveaux emprunts jusqu’à ce qu’une solution amiable ait été
trouvée avec tous ses créanciers. Toutefois, la commission a la possibilité de
saisir le juge afin de solliciter la suspension des voies d’exécution qui
seraient diligentées contre lui.
Le rôle de la commission est d’élaborer
l’état d’endettement du débiteur et de concilier le débiteur et ses créanciers
en vue d’élaboration d’un plan conventionnel de redressement qui peut prévoir
l’aménagement des remboursements (étalement dans le temps, report d’échéances),
allégement du montant des dettes (diminution du taux d’intérêt, réduction du
capital). En contrepartie certaines obligations peuvent être imposées au
débiteur comme par exemple la vente d’un bien ou l’offre de garanties
(hypothèques, cautions). En 1997, 64% des dossiers soumis à la commission ont
abouti à la signature d’un plan conventionnel.
Si la commission constate qu’un accord est
impossible avec les créanciers, le surrendetté dispose d’un délai de 15 jours
pour former un recours devant la commission qui rend alors un avis recommandant
un certain nombre de mesures d’apurement des dettes du débiteur qui seront
transmises au juge en l’absence de contestation pour homologation.
Il faut savoir que dans les deux cas (plan
conventionnel ou mesures homologuées), le débiteur est automatiquement inscrit
au Fichier National des incidents de remboursement des crédits au particuliers
que peuvent consulter tous les établissements de crédit.
Le dispositif actuel de prévention du
surendettement des particuliers, bénéficiant actuellement davantage aux cadres
moyens qu’aux personnes les plus démunies, fait l’objet d’importantes
réflexions au nombre desquelles la mise en place éventuelle, comme cela se fait
déjà dans certains départements français (Bas-Rhin, Haut Rhin et Moselle),
d’une procédure de redressement et de liquidation judiciaire des personnes
physiques qui permettrait d’effacer totalement les dettes dans le cas les plus
graves.
Christine SANTA COMBA
Cabinet Christine MENDES ANTUNES
Avocats à la Cour,