L’enfant né hors mariage.
L’enfant naturel, né d’un père et d’une mère
non mariés entre eux (concubinage, relations extra-conjugales), représente
aujourd’hui environ 1/3 des naissances. Cette filiation ignorée par le Code
Civil de 1804, n’a été réglementée que par la Loi du 03/01/1972 qui a posé le
principe de l’égalité des enfants naturels et légitimes. Toutefois cette
assimilation érigée en principe n’est pas absolue en raison de la nature même
de cette filiation.
L’établissement de la filiation naturelle
peut-être soit volontaire, par reconnaissance ou possession d’état c’est-à-dire
le fait d’élever un enfant comme le sien et pour l’entourage de la considérer
ainsi, soit judiciaire. Quelque soit le mode, elle s’établit individuellement à
l’égard de la mère ou du père et non conjointement comme la filiation légitime.
Il n’y a donc pas de présomption de paternité.
La reconnaissance par le père d’un enfant
naturel, ne résulte pas de la simple déclaration à la mairie lors de la
naissance, il doit pour être considéré comme tel connaître l’enfant avant ou
après la naissance devant l’Officier d’Etat Civil de la mairie ou devant un
notaire. L’Officier d’Etat Civil n’a pas à vérifier la déclaration mais
celle-ci peut-être contestée devant les tribunaux si elle est mensongère.
Lorsque l’enfant est issu de relations
extra-conjugales, il peut être reconnu par la mère sous son nom de jeune fille,
et par le père même s’il est marié.
Il n’est pas nécessaire pour reconnaître un
enfant d’établir la réalité du lien biologique et cette reconnaissance peut
être contestée par voie judiciaire. Il convient de préciser que lorsque c’est
l’auteur d’une reconnaissance de complaisance qui demande son annulation, il
engage sa responsabilité civile à l’égard de l’enfant, notamment en ce qui
concerne son entretien.
Les jugements rendus en matière de filiation
constituent une preuve identique à celle d’un acte d’état civil et produisent
leurs effets à l’égard des tiers.
L’enfant naturel porte le nom du parent qui
l’a reconnu en premier, il s’agit le plus souvent de sa mère. Il porte le nom
de son père si ses deux parents le reconnaissent en même temps. En outre,
l’enfant qui porte le nom de sa mère peut porter le nom celui de son père en
cas d’accord des parents, par déclaration conjointe devant le juge aux Affaires
familiales, l’accord de l’enfant sera également nécessaire s’il est âgé de plus
de 13 ans.
L’enfant reconnu a les mêmes droits et
devoirs qu’un enfant légitime en matière d’autorité parentale. Celle-ci est
exercée par le parent qui l’a reconnu ou sous certaines conditions par les deux
parents. Le parent qui n’a pas la garde de l’enfant bénéficie néanmoins
d’un droit de visite et d’hébergement, sauf refus du juge pour motifs graves.
Reconnaître un enfant naturel c’est le
rattacher non seulement à sa mère, son père, mais également à toute une
famille.
Cabinet Christine MENDES ANTUNES
Karine COELHO.