Le temple grec du XXème siècle :
la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
La Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée à Paris le 10 décembre 1948 a célébré ce mois-ci son 50ème anniversaire dans cette même ville. Cette commémoration fût l’occasion de rappeler qu’en 1948, alors que le monde sortait des atrocités de la 2ème Guerre Mondiale, il est apparut nécessaire, bien plus que de satisfaire les volontés de vengeance, de proclamer une protection universelle pour chaque être humain et de faire de la dignité humaine et des droits de l’individu «un idéal commun à atteindre».
La clôture de cette célébration, parachevant le symbolisme dont elle a été revêtue, a eu lieu à l’Unesco, temple des droits économiques, sociaux et culturels de l’Homme. Il s’agissait en effet d’un écho à la comparaison de la Déclaration faite par René Cassin, l’un de ses principaux inspirateurs, à un Temple grec. Celui-ci lui a donné une dimension artistique en représentant Les Principes Généraux, la liberté, l’Egalité (articles 1 et 2) par le soubassement, le Préambule par le parvis.
Monsieur Cassin a élevé ensuite les quatre colonnes respectives de «La vie, la liberté et les garanties juridiques données à l’individu» (article 3 à 11), «l’Homme et le Femme dans le milieu social» (article 12 à 17), «les facultés spirituelles, les libertés publiques et les droits politiques» (articles 18 à 21), «les droits économiques, sociaux et culturels ou les devoirs de l’état envers l’individu» (article 22 à 27). Il a parachevé cette construction en faisant reposer sur ces colonnes, à titre de fronton, «les liens entre l’individu et la société» (article 28 à 30).
La Déclaration Universelle a permis au cours des cinquante dernières années le progrès des garanties juridiques des droits de l’Homme par l’adoption de nombreuses conventions internationales ainsi que par des bouleversements politiques notables tels que la chute de régimes totalitaire, la fin de l’apartheid et l’élection du premier président noir en Afrique du Sud.
Toutefois un milliard et demi d’être humains vivent actuellement dans la plus grande misère. La Déclaration implique donc, bien qu’elle ne le mentionne pas expressément, le développement économique des Etats les plus pauvres et une répartition moins inégalitaire des richesses car «il ne saurait y avoir de reconnaissance des droits de l’homme au seul profit d’une partie de l’humanité, sans trahir le message de la Déclaration universelle» (Monsieur Badinter).
Aujourd’hui la Déclaration révèle également son caractère relatif qui d’une part, est d’ordre idéologique puisqu’elle résulte de la culture occidentale fondée sur la primauté de l’individu, étant ainsi contraire notamment à la culture africaine et asiatique qui font primer la collectivité. D’autre part, elle doit s’adapter aux évolutions de la technologie et de la science qui font apparaître d’importantes difficultés conceptuelles.
La Célébration du 50ème anniversaire de la Déclaration universelle s’est ainsi inscrite comme un nouvel élan afin que l’aspiration universelle des droits de l’homme devienne chaque jour davantage une réalité.
Maître Karine COELHO
Cabinet MENDES ANTUNES
Avocats au Barreau de Paris