Les avantages fiscaux des donations
Loin de s’improviser, la transmission du patrimoine se prépare longtemps à l’avance, et l’un des outils privilégiés de cette étape reste les donations.
En effet, les donations bénéficient
d’un régime fiscal de faveur permettant de réduire les droits que les
enfants auront à payer lors du décès de leurs parents. A quoi s’ajoute la récente
mesure “Sarkozy” qui permet de donner 20 000 euros en franchise d’impôt
avant le 1er juin 2005.
Une réduction majorée des droits de donation
jusqu’au 30 juin 2005
Les donations bénéficient actuellement d’une réduction
de droits de 50% ou de 30% selon que le donateur est âgé de moins de 65 ans,
ou de 65 ans révolus et de moins de 75 ans.
La Loi de Finances pour 2004 a accordé un petit coup de pouce fiscal pour les
donations consenties depuis le 25 septembre 2003 en instituant une réduction
des droits de donation de 50%, applicable quel que soit l’âge du donateur.
Le bénéfice de la réduction de droits est réservé aux donations portant sur
des biens en pleine propriété consenties entre le 25 septembre 2003 et le 30
juin 2005.
La réduction temporaire de 50% se cumule avec les exonérations partielles, les
abattements et les autres réductions de droit actuellement applicables aux
donations. Elle s’applique, en dernier lieu, sur le montant des droits dus par
chaque donataire, c’est-à-dire après application, le cas échéant, des
abattements et autres réductions de droits.
Aucune condition de forme de la donation n’étant exigée, la réduction
s’applique à l’ensemble des donations établies par acte authentique ou par
acte sous seing privé ainsi qu’aux divulgations de dons manuels.
Dons exceptionnels de
20 000 euros
Afin d’encourager les jeunes générations à
consommer, chaque parent, grand-parent ou arrière grand-parent peut donner en
franchise d’impôt jusqu’à 20 000 euros, sous forme d’argent, à chacun
de ses enfants, petits-enfants ou arrières petits-enfants majeurs (c’est-à-dire
âgés de 18 ans révolus).
Ce dispositif d’exonération est réservé aux dons de sommes d’argent réalisés
en pleine propriété et effectués entre le 1er juin 2004 et le 31 mai 2005.
Sont admis au bénéfice de l’exonération les dons effectués par chèque,
par virement, par mandat ou par remise d’espèces.
Par ailleurs, cette exonération temporaire de 20 000 euros se cumule avec les
abattements de 46 000 euros par enfant et de 30 000 euros par petit-enfant prévus
en cas de donation aux enfants ou aux petits-enfants.
Ainsi, dans l’hypothèse où le don éligible au présent dispositif dépasse
20 000 euros, les droits de donation seront liquidés au-delà de ce montant
dans les conditions de droit commun et en appliquant, le cas échéant, les
abattements de 46 000 euros ou de 30 000 euros selon la transmission envisagée.
Enfin, les règles fiscales relatives au rappel des donations passées depuis
moins de 10 ans ne s’appliquent pas à ce dispositif. Même si les abattements
de 46 000 et de 30 000 euros ont été entièrement utilisés depuis moins de 10
ans, l’abattement de 20 000 euros s’applique.
En l’absence d’acte, le don de somme d’argent devra
faire l’objet d’une déclaration auprès de l’Administration Fiscale (dépôt
en double exemplaire à la Recette des Impôts du domicile du bénéficiaire
dans le mois qui suit la donation, donc au plus tard le 30 juin 2005).
Uun
abattement tous les 10 ans
Les parents peuvent donner à chacun de leurs enfants
46 000 euros sans avoir à acquitter de droits sur ces donations. Cet abattement
est identique à celui accordé aux enfants lors du décès de leur parent. De
plus, l’Administration Fiscale accepte que cette opération soit renouvelée
tous les 10 ans, en profitant à nouveau de l’abattement de 46 000 euros.
Comme le conjoint peut faire de même, un couple peut donner à chacun de ses
enfants 92 000 euros tous les 10 ans en totale exonération fiscale!
Un principe similaire s’applique pour les donations consenties à ses
petits-enfants. Mais l’abattement se limite à 30 000 euros tous les 10 ans.
Par conséquent, plus un donateur transmet de biens avant son décès, moins il
en coûtera à ses héritiers au moment de l’ouverture de sa succession.
le donateur peut pendre
en charge les frais
Les droits de donation, honoraires du notaire et
autres frais de la donation sont en principe supportés par le donataire (bénéficiaire
de la donation).
Mais le donateur (celui qui donne) peut aussi les acquitter. L’administration
fiscale ne considère pas ce cadeau comme un complément de donation. Ainsi, la
prise en charge des droits par le donateur n’est ni taxée, ni soumise au
rapport (c’est-à-dire réintégrée au patrimoine du donateur défunt pour le
calcul de l’actif successoral).
Il peut en résulter une sensible économie fiscale qui permet, en réalité, de
transmettre plus.
Attention aux dons manuels sans déclaration
fiscale!
Il n’est pas nécessaire de passer devant le notaire pour faire une
donation. Un don manuel (de la main à la main) suffit, à condition de
l’enregistrer auprès de l’Administration Fiscale.
Même en recourant au don manuel, l’enregistrement s’impose. Et ce, même si
la donation n’est pas taxable, c’est-à-dire si elle n’atteint pas 46 000
euros.
En effet, si le donateur disparaît quelques années plus tard, le calcul des
droits de succession se fera en ajoutant à l’actif successoral la valeur des
biens qui ont fait l’objet de donations antérieures.
La donation consentie sera
alors réévaluée sur le plan fiscal : la valeur sera celle des sommes données
au jour du décès du donateur. Si ces sommes se sont valorisées, le seuil des
46 000 euros a de fortes chances d’être dépassé.
Or cette règle du rapport ne joue pas pour les donations consenties depuis plus
de 10 ans.
Il faut toutefois pour cela que les donations aient été présentées à la
formalité de l’enregistrement et soumises aux droits de donations.
Or
l’Administration fiscale dispose de 10 ans non pas à compter du don manuel,
mais à compter du jour du décès pour redresser!
Brigitte
Fernandes - Juriste
Cabinet
Mendes Antunes
Avocats
au Barreau de Paris et
Lisbonne